1. Décomposer les coûts avant de prévoir

Une facture d’électricité peut réunir la fourniture, l’utilisation des réseaux (TURPE), des composantes de capacité selon le contrat, des frais et la fiscalité applicable. Certaines composantes sont déjà intégrées au prix fournisseur : le modèle doit identifier le périmètre exact de chaque ligne pour éviter tout double comptage.

Le suivi peut être réalisé hors taxes ou toutes taxes comprises, mais une même convention doit être conservée pour les comparaisons mensuelles et annuelles.

2. Reconstituer le réalisé

La consommation effective par pas de temps est croisée avec les conditions du contrat en vigueur. Pour une indexation horaire, chaque MWh est valorisé au prix correspondant ; pour un contrat fixe ou à blocs, les volumes et modalités propres au contrat sont appliqués.

On complète ensuite les postes réseau, les frais et la fiscalité. Le résultat est rapproché des factures reçues : les éventuels écarts peuvent provenir de régularisations, de données provisoires, d’indexations ou d’une mauvaise interprétation contractuelle.

3. Calculer l’atterrissage

L’atterrissage est la dépense totale estimée à fin d’année : réalisé à date + prévision des périodes restantes. La consommation future peut être construite à partir d’un historique corrigé des changements d’activité, de saisonnalité et d’équipements ; les prix futurs proviennent des hypothèses de marché et du contrat.

Exemple purement illustratif

Budget initial : 500 000 €. Coût réalisé entre janvier et juin : 265 000 €. Prévision actualisée de juillet à décembre : 255 000 €.

Atterrissage = 265 000 + 255 000 = 520 000 €

Écart à budget = 520 000 − 500 000 = +20 000 € (+4 %)

Le suivi distingue ensuite la part de l’écart liée aux volumes et celle liée aux prix, sous réserve du détail disponible.

4. Construire les scénarios et suivre les écarts

Un scénario central, un scénario de prix favorable et un scénario défavorable permettent de visualiser l’incertitude. Ils doivent reposer sur des hypothèses explicites, et ne constituent pas une garantie de prix futur.

Les indicateurs les plus utiles sont généralement la consommation MWh, le prix moyen pondéré €/MWh, le coût total, l’écart au budget et l’évolution de l’atterrissage par rapport au mois précédent.

5. Les contrôles de qualité indispensables

  • Vérifier les unités (kWh/MWh), les changements d’heure et les trous dans la courbe de charge.
  • Réconcilier la somme des coûts horaires avec chaque mois, puis avec l’année.
  • Distinguer les coûts réseau, la fourniture et les taxes sans les additionner deux fois.
  • Conserver les hypothèses de chaque prévision pour comprendre les révisions budgétaires.

À retenir : le budget énergie doit être un outil d’aide à la décision mis à jour régulièrement, pas seulement une enveloppe annuelle figée.

Questions fréquentes

Comment préparer un budget électricité 2027 ?

Séparez volumes prévus, composantes déjà fixées et postes encore variables. Conservez un scénario central et des sensibilités prix et consommation, avec la date de chaque hypothèse.

Une courbe à terme est-elle le futur spot ?

Non. Une cotation à terme concerne un produit et une période définis. Elle ne révèle pas les futurs prix horaires réalisés et ne garantit pas le coût moyen de votre site.

Sources et périmètre

Analyse pédagogique pour les entreprises en France. Les exemples sont construits par INTELAS Energy ; ils ne représentent ni une offre fournisseur ni une prévision de marché. Sources consultées le 3 novembre 2026.