L’ETS européen fixe un plafond d’émissions et organise l’échange de quotas. Les exploitants concernés doivent restituer des quotas correspondant à leurs émissions vérifiées. Un EUA représente une tonne de CO₂ équivalent. Son prix se forme sur le marché ; ce n’est pas un taux de taxe fixé chaque année.

LE MÉCANISME EN IMAGE

Du plafond collectif à l’obligation de chaque installation

QUOTAS DISPONIBLES

Un plafond européen décroissant

Enchères et allocations gratuites

ÉMISSIONS RÉELLES

Mesure et vérification

Restitution des quotas correspondants

Émissions à couvrir − quotas disponibles = besoin d’achat résiduel

Schéma simplifié : tenir compte des stocks de quotas et des achats déjà réalisés.

Qui est concerné ?

Le SEQE-UE, ou EU ETS, couvre notamment la production d’électricité et certaines activités industrielles, aériennes et maritimes. L’assujettissement dépend de l’activité, des seuils et du périmètre réglementaire. Une entreprise non assujettie peut néanmoins subir un effet indirect dans ses achats d’électricité, de matériaux ou de transport.

Comment le marché fonctionne-t-il ?

Les pouvoirs publics limitent la quantité de quotas. Les participants peuvent en acquérir aux enchères ou sur le marché secondaire. Les exploitants suivent leurs émissions, les font vérifier puis restituent les quotas requis. Le prix dépend notamment de l’offre de quotas et de la demande des acteurs : activité industrielle, production électrique fossile et anticipations réglementaires peuvent le faire varier.

Pourquoi existe-t-il des quotas gratuits ?

Selon la Commission européenne, les allocations gratuites visent notamment à limiter le risque de déplacement de la production et des émissions vers des pays où les contraintes carbone sont différentes, appelé « fuite de carbone ». Elles ne dispensent pas de mesurer les émissions ni de restituer les quotas correspondants.

Pour l’industrie, l’allocation repose sur des référentiels de performance, les niveaux d’activité et les règles applicables. Elle ne rembourse donc pas automatiquement toutes les émissions historiques d’une usine. La production d’électricité doit généralement acheter ses quotas ; des exceptions encadrées existent. Les allocations évoluent, notamment avec le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières pour les secteurs concernés.

Exemple : quelle facture carbone pour une usine ?

Exemple entièrement fictif · aucun cours de marché reproduit

Une installation émet 100 000 tonnes de CO₂e. Elle reçoit 60 000 EUA gratuits, ne dispose d’aucun stock et n’a pas encore acheté de quotas.

PosteQuantité ou coût
Obligation totale de restitution100 000 EUA
Allocation gratuite supposée60 000 EUA
Achats complémentaires nécessaires40 000 EUA
À un prix fictif de 80 €/EUA3 200 000 €
À un prix fictif de 100 €/EUA4 000 000 €

La hausse supposée de 20 €/EUA augmente le besoin de trésorerie de 800 000 €. Ce calcul exclut frais, couvertures et effets fiscaux. Avec 5 000 tonnes d’émissions en moins et une allocation inchangée, le besoin d’achat diminuerait de 5 000 EUA, soit 400 000 € à 80 €/EUA. En pratique, il faut aussi vérifier les règles d’ajustement de l’allocation.

Gratuit ne signifie pas sans valeur économique

Un quota reçu gratuitement reste un actif utilisable pour la conformité ou échangeable selon les règles du marché. Le restituer a donc un coût d’opportunité. Il faut distinguer le décaissement pour les achats complémentaires et la valeur économique des quotas consommés.

Quel effet sur les prix de l’électricité ?

Pour une centrale fossile, le carbone entre dans le coût de production. Exemple arithmétique fictif : avec une intensité de 0,4 tonne de CO₂ par MWh électrique et un EUA à 80 €, la composante carbone atteint 32 €/MWh. Si cette centrale contribue à fixer le prix marginal, une variation du carbone peut influencer le prix de gros. La transmission n’est ni constante ni automatique : le mix, les interconnexions et les conditions de marché interviennent aussi.

EUA, compensation volontaire, ETS 2 et MACF : ne pas confondre

  • EUA : quota de conformité du marché européen historique.
  • Crédit carbone volontaire : unité liée à un projet de réduction ou d’absorption ; ce n’est pas un EUA interchangeable pour la conformité ETS.
  • ETS 2 : dispositif distinct visant notamment les combustibles des bâtiments et du transport routier ; ne pas confondre ses quotas avec les EUA du système historique.
  • MACF / CBAM : mécanisme concernant certaines importations ; il s’articule avec l’évolution des allocations gratuites des secteurs concernés.

Où consulter les prix et les explications gratuitement ?

Les résultats d’enchères EEX donnent les prix et volumes des ventes primaires. ICAP permet de visualiser des historiques, avec une mise à jour trimestrielle annoncée : ce n’est pas un cours en temps réel. Toujours distinguer enchère, spot et future, et relever la date et l’échéance.

Sources

Revue éditoriale : 4 novembre 2026. Les exemples sont fictifs. Pour une décision de conformité, vérifier les règles applicables à l’installation et à la période.